La création à Bordeaux

Les fontaines de Bacalan

Les fontaines de Bacalan

La sculptrice Clémence van Lunen a été invitée par la commande artistique  » Garonne de Bordeaux Métropole «  à créer une œuvre d’art pour la place Buscaillet, au cœur du quartier de Bacalan.
La remise en eau de la place Adolphe Buscaillet de Bacalan vise à contribuer au retour de la convivialité sur cette place, convertie en véritable cœur du quartier.
Les fontaines de Bacalan
Les fontaines de Bacalan

L’artiste parle de son oeuvre :

« J’ai tenté avec jubilation d‘apporter de la joie place Buscaillet, d’en faire un petit paradis, qui ne peut se concevoir sans eau, sans fleurs et je le crois, pas non plus sans une pointe d’humour.

La grande fontaine se compose d’une très grosse cruche et d’un empilement improbable de socles, vases et fleurs en grès partiellement émaillées de couleurs bonbon : rose, jaune, vert et bleu ; Une seconde fontaine telle une fleur tenant une vasque dans sa tête, également en grès émaillé, distribue de l’eau potable aux enfants par la bouche d’un singe niché en son socle.

 J’ai utilisé librement le thème très ancien du « vase jaillissant », symbole de fertilité qui nous vient de Mésopotamie ; ce thème est repris dans de nombreuses fontaines dont celle des trois grâces de la place de la Bourse à Bordeaux.

Clémence Van Lunen

Clémence van Lunen
Clémence van Lunen

Clémence van Lunen née à Bruxelles en 1959, vit et travaille en France. De 1979 à 1984, elle se forme auprès du sculpteur Michel Smolders à l’Ecole Supérieure d’Arts Plastiques de Bruxelles puis auprès du sculpteur Etienne Martin à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris.


Clémence van Lunen est une artiste étonnante . Sculpteur autant que céramiste, elle travaille différents matériaux, la pierre, le bois, le plastique, la faïence et la porcelaine. En découvrant la Chine en 2005  elle est marquée par son art et ses traditions. Ses œuvres, de grands formats ( DragonsPaysagesCascades ) en sont directement inspirés. Dans son art elle déploie un humour et une auto-dérision qu’elle a en commun avec Marcel Duchamp, maître du ready-made.

Mais revenons à Bordeaux, si Clémence Van Lunen a choisi de réaliser ces deux fontaines en grès émaillé cet, en référence à l’histoire locale de la faïencerie Vieillard.

La faïencerie Vieillard

La faïence bordelaise trouve son origine dès 1714 avec Jacques Hustin. Dans un premier temps, la production peine à rivaliser avec les autres grands faïenciers du xviiie siècle faute de maîtrise.
À la veille de la révolution on compte à Bordeaux et dans sa région huit faïenceries. La fabrication est importante, mais de qualité moyenne. Il faudra attendre encore quelques années pour que la faïencerie bordelaise prenne vraiment son envol.

Le siècle de l’expansion : Vieillard et compagnie

La faïencerie renaît à Bordeaux en 1829 sous l’impulsion de deux négociants industriels Lahens et Rateau, avec l’aide d’un céramiste de génie venu d’Agen. La production sera hélas de courte durée. La manufacture fermera ses portes 4 ans plus tard en raison de la mésentente des différents protagonistes.

Un autre projet voit alors le jour sous la conduite de David Johnston.  Le véritable développement de la faïence  de Bordeaux date du rachat de la fabrique par cet Irlandais,  futur maire de Bordeaux et admirateur de la céramique anglaise.

David Johnston installe sa manufacture à Bacalan. La production gardera toujours un charme particulier avec des décors dont les motifs végétaux et floraux sont égayés de couleurs variées.

En 1845 la  faïencerie est reprise par Jules Vieillard, c’est là quelle va connaitre son véritable essor et son apogée. De 700 ouvriers la fabrique passe à 1300. Le succès commercial des faïences Vieillard est considérable. Les ventes se font à l’échelle nationale mais le marché de l’exportation est aussi possible, grâce aux navires chargés de grands vins qui quittent le port de Bordeaux.

A compté de cette période les faïences de Bordeaux seront appelées communément  faïences de « Vieillard ».
En 1865 ses fils prennent sa suite et produisent des motifs encore plus variés.

La manufacture fermera ses portes en 1895 laissant dans les placards des familles de la région les traces de son existence. Si la prospérité de la production locale s’avère relativement brève elle est unanimement célébrée et aujourd’hui très recherchée.

Si vous allez au restaurant La Belle Époque, quai Louis XVIII à Bordeaux vous pourrez admirer sur les murs de la salle principale du restaurant de magnifiques faïences de Vieillard.

A très vite

Catherine

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